PROPOSITION DE CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES PERSPECTIVES AFRICAINES ET ARABES SUR LES INTERVENTIONS HUMANITAIRES ET DE CREATION D’UN RESEAU INTERNATIONAL SUR LA RESPONSABILITE DE PROTEGER EN AFRIQUE ET DANS LE MONDE ARABE.

1. INTRODUCTION

1. Cette proposition de conférence fait suite aux conférences internationales sur les interventions humanitaires organisées à l’initiative de Imagine Africa International en 2012 et en 2013 en collaboration avec l’Université Doshisha à Kyoto sur « les perspectives asiatiques sur les Interventions humanitaires. » (voir www.imagineafricainternational.org/inter-humanitaires.php)

2. Imagine Africa Institute se fixe comme objectif général d’encourager la recherche, la réflexion et les débats afin de nourrir les politiques publiques en Afrique et sur l’Afrique par la circulation des idées et des informations, l’identification et la proposition des traités internationaux et régionaux à promouvoir, l’élaboration et la proposition de méthodologies concernant les dialogues recherches-politiques, et le soutien intellectuel et organisationnel au réseau des « think tanks » africains dans certains domaines d’activités.

3. Les conflits, les violations massives des droits de l’homme à travers le monde, les génocides et les crimes contre l’humanité ne cessent d’interpeller la conscience de la communauté internationale ainsi que les organisations soucieuses de paix et de stabilité dont les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales (Union africaines, CDEAO etc.) Il s’avère donc nécessaire de s’interroger sur les stratégies de résolution des conflits et la promotion de la paix, vues non comme une utopie mais comme un idéal reposant sur des piliers solides et sur une action structurelle visant à modifier les données.

4. Si l’acceptation de la notion de responsabilité de protéger a incontestablement évolué ces dernières années et domine la discussion politique et sécuritaire internationale, ses applications concrètes restent encore largement à définir surtout dans le Continent africain et le monde arabe où le débat autour la question de l’intervention humanitaire demeure encore très marginal. Pourtant, cet espace reste un champ de bataille permanent où les puissances occidentales continuent de déployer des interventions militaires dont les raisons officielles sont, entre autres, la restauration d’un ordre constitutionnel bouleversé, l’arrêt de violations massives des droits de l’homme ou, de façon plus générique, la protection de populations en danger.

5. Du cas de la Somalie en 1993, du Rwanda en 1994 aux récentes interventions militaires au Mali, en passant par celles perpétrées en Libye, en Centrafrique, en RDC, en Guinée Bissau, en Côte d’Ivoire, de vives controverses ont été soulevées autour de la question de l’intervention humanitaire en Afrique par certains qui considèrent ces actions comme une ingérence dans les affaires internes des Etats africains et une violation flagrante des règles du droit international comme l’obligation pour chaque Etat de respecter la souveraineté des autres Etats, même si, sous l’égide des Nations Unies, la communauté internationale et beaucoup d’organisations des droits de l’homme continuent de brandir l’argument selon lequel la souveraineté ne peut plus être invoquée par un État pour commettre des crimes qui heurtent la conscience de l’humanité.

6. Dans cette perspective, beaucoup de questions peuvent légitiment être posées. Dans sa forme et sa trajectoire actuelle, la responsabilité de protéger peut-elle corriger les nombreuses incohérences décelées dans les interventions humanitaires en Afrique et dans le Monde arabe ? Quelles doivent être les conditions d’interventions militaires ? Ne devrait-on pas dépasser les conditions dégagées au sein des Nations Unies et prendre en compte d’autres préoccupations du Continent ? Ne devrait-on pas déclencher des interventions dans les contextes de graves épidémies qui menacent la vie de millions de populations comme c’est le cas avec le virus Ebola ? L’efficacité de la R2P est-elle réelle ou supposée ? Qu’en est-il de son pilier essentiel qu’est la reconstruction ? C’est autour de ces questions que les pays dans lesquels on mène des interventions humanitaires devraient débattre pour faire avancer doctrine et opérations.

INTERVENTIONS HUMANITAIRES : PERSPECTIVES AFRICAINES ET ARABES