L’IMAGINATION

institut2-img-ricoeur2« L’imagination est une « activité de redescription de la réalité qui rend possible une pratique de l’action sociale qui s’exprime en particulier dans l’utopie en tant que projection dans les possibles. Par cette ouverture au champ politique, l’imagination, en tant que fonction générale du possible pratique, participe à un dynamisme de l’agir collectif. »

Paul Ricœur


L’imagination nous ouvre sur des possibilités à inventer et nous libère d’une réalité passée qui peut être paralysante pour l’action. Elle nous permet de dépasser les modes de pensée habituels et surtout elle permet aux idées de progresser en transcendant les limites du monde réel pour se représenter le possible et, de là, réformer le réel existant.

Il n’est pas question ici de rêves ni d’un retour aux grandes idéologies structurantes ni encore d’un volontarisme naïf détaché des réalités concrètes mais plutôt de refuser l’enfermement induit par la croyance dans un « manque d’options » et l’adhésion non critique à la pensée dominante. Il s’agit de penser l’image de telle manière que l’on puisse en comprendre sa possibilité. La démarche consiste à former des représentations nouvelles à partir des données offertes par le réel. Non pas de restituer le monde mais de le recréer, de le transformer, ce qui exige un effort d’arrachement au monde. En disant « non » à l’existant, on affirme que les choses doivent être autrement. Ce qui conduit à substituer, dans un premier temps par l’imagination, ce qui pourrait être à ce qui est effectivement, canalisant ainsi l’action dans la direction du changement souhaité.

Cornelius Castoriadis assignait à l’imagination le soin d’exciter le désir de transformation sociale faisant ainsi de l’imagination le ressort des constructions collectives nous permettant de refaçonner l’univers conformément à nos intentions.

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IMAGINER L’AFRIQUE

« Il s’agit de se donner l’Afrique en image. Pas simplement de la restituer à travers l’histoire, les sciences, la culture ou la prospective mais de la créer, de décider de ce qu’est et ce que sera l’Afrique ou du moins les possibles. Et de valider cette représentation à travers le dialogue et le débat informé. »

Pierre Sané