PROJET DE FACILITATION, DE NEGOCIATION, ET DE MOBILISATION SOCIALE POUR LA PAIX EN CASAMANCE

Présentation générale

DOSSIER DE REQUÊTE DE FINANCEMENT

29 Octobre 2014

EN COOPERATION AVEC IMAGINE AFRICA INSTITUTE

01 Place de l’Indépendance Dakar / Sénégal

INTRODUCTION GENERALE

1. Dès son installation dans ses nouvelles fonctions de Président de la République du Sénégal en 2012, le Président Macky Sall a sollicité M. Robert Sagna, ancien Ministre d’Etat et ancien Maire de Ziguinchor, pour jouer un rôle de facilitateur dans le règlement du conflit armé qui sévit en Casamance depuis 1982.Par ailleurs, ce rôle de facilitateur a été accepté par les différents maquis du Mouvement des Forces Démocratique de la Casamance (MFDC) qui dirige la rébellion indépendantiste et par les différentes composantes civiles de ce mouvement.M. Robert Sagna, pour se faire aider dans cette mission, a constitué un groupe d’une trentaine de personnalités engagées dans le processus de paix en Casamance (voir liste en p 11). Ce groupe qui s’est donné le nom de « Groupe de Réflexion pour la Paix en Casamance » (GRPC) travaille sur la base du bénévolat pour mener des réflexions et des activités aptes à ramener la paix par le dialogue, la concertation et des négociations sérieuses.

2. Le conflit armé en Casamance, où le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) mène une rébellion pour revendiquer l’indépendance de cette région du Sénégal, se trouve actuellement, après trente années, à un tournant crucial marqué par les faits suivants : – toutes les branches civiles et armées du MFDC appellent à des négociations pour une solution pacifique, – l’Etat du Sénégal a marqué sa disponibilité et son engagement pour des négociations – les populations du Sénégal en général, et celles de la Casamance en particulier aspirent à la – fin de la violence et souhaitent un retour rapide de la paix

3. Il est toutefois important de bien préparer les négociations pour leur donner des chances de succès, en prospectant des formules acceptables pour les uns et les autres. C’est le rôle que s’est assigné le Groupe de Réflexion pour la Paix en Casamance (GRPC), en toute indépendance, sous l’animation de l’ancien Ministre d’Etat Robert SAGNA, dans une posture de facilitation et de médiation pour rapprocher les positions des protagonistes directs que sont l’Etat et le MFDC.

4. Le MFDC revendique l’indépendance de la Casamance et avance, pour étayer cette revendication et la justifier, cinq séries d’arguments : – Le statut juridique du territoire de la Casamance tel que mentionné dans les textes coloniaux français, notamment le décret du 12 octobre 1882 – La longue résistance casamançaise de 1645 à nos jours – Le phénomène de mépris culturel subi par les populations de la Casamance – Les frustrations culturelles, sociales, économiques et les injustices subies, notamment en matière foncière, par les Casamançais depuis l’indépendance du Sénégal – D’une manière générale, des revendications d’ordre politique, économique, social et culturel

5. L’Etat du Sénégal quant à lui rejette toute idée d’indépendance d’une partie du pays, les frontières du Sénégal ayant été fixées définitivement au moment de l’indépendance en 1960. Du reste, le Président de la République a prêté serment sur la préservation de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale.

6. Le conflit armé né en 1982 et qui perdure, appelle une voie de sortie pacifique pour abréger les souffrances des populations, et avancer une ou des formules aptes à constituer ce qui peut être la meilleure solution pour la Casamance et le Sénégal, autour d’un modèle d’organisation et de gestion qui peut être acceptable et accepté.

7. C’est l’objet du présent document qui, sur la base d’une proposition de plan de négociations, comporte les différents contenus de ces négociations, articulés autour des programmes dont le financement des études y afférant est recherché, selon une démarche basée sur une expertise avérée et une validation populaire. Ces programmes sont les suivants :

 Quelle architecture institutionnelle pour la Casamance ?

 Quel plan de développement économique et social pour la Casamance ?  Comment mettre en place une commission vérité, justice, pardon et réconciliation ?

 Comment mettre en œuvre un programme de désarmement, démobilisation et réintégration (ce programme fera l’objet d’une étude particulière à mener sous l’égide du PNUD qui a une grande expérience en la matière)

 Comment mettre en place un dispositif de mobilisation sociale pour la paix ? Ce sont là les orientations stratégiques choisies par le GRPC pour un processus débouchant sur une paix juste et durable. Ces orientations sont fondées sur trois grandes considérations :

 Tenir en comptel’aspect post-conflit

 Veiller à recueillir l’avis des populations

 S’assurerqu’une bonne mobilisation sociale sera mise en œuvre pour pesersur les protagonistes directs quesontl’Etatet le MFDC en vue d’un accord de paix.

8. Dans son travail, le GRPC se fait appuyer par le « think tank » IMAGINE AFRICA INSTITUTE dirigé par M. Pierre Sané, ancien Secrétaire Général d’Amnesty International, et ancien SousDirecteur Général de l’UNESCO.